Badr Dabaa

Badr baigne dans la musique traditionnelle arabe depuis sa naissance. Son père était un joueur de qanûn et son oncle un chanteur de « mochahadat ». Il étudie la musique orientale, notamment le violon, et se distingue dans sa promotion. Sa carrière le mène à jouer partout dans le monde, mais le moment le plus déterminant pour lui arrive quand il a l’occasion de jouer pour Sabah Fakhri. Il le suit alors en tournée pendant dix ans à travers le monde. Plus récemment, il joue avec Chadi Jamil, ce qui le mène à Montréal. Il est alors contraint de rester ici à cause des événements qui ébranlent la Syrie.

Votre parcours :

Mon père m’a emmené dans des spectacles et des soirées dans lesquels il jouait du qanûn. J’ai été séduit par cet univers et j’ai poursuivi des études en musique. Après l’obtention de mon diplôme, je suis resté pour enseigner. Aujourd’hui, tous ceux qui m’ont enseigné la musique sont morts. J’aimerais mentionner leur nom ici afin de leur rendre hommage : Nadim Al Darwish, Wanesco Costanian, 3ala’ Fatan, Youssef Hadji et Abd el Kader Hajar.

J’ai joué auprès des plus grands musiciens et chanteurs d’Alep, parmi lesquels le plus grand était Sabah Fakhri, une sommité dans le monde arabe. Avec Sabah Fakhri, j’ai connu mon âge d’or personnel.

Que représente la musique pour vous ?

C’est ma vie !
Quand je vois les gens que les grands musiciens sont capables de rassembler ! Quand je vois des gens aimer la musique à en pleurer ! Alors, je me dis que ces gens doivent profondément aimer la vie. C’est puissant, la musique !

Qu’écoutez-vous comme musique ?

J’aime la musique traditionnelle de mon pays. Ce sont mes racines, c’est mon identité. J’écoute du classique, du Duku Yani…

Décrivez-vous en quelques mots :

Je suis une personne très sensible et passionnée par mon art.

Un moment fort dans votre carrière ?

Sans aucun doute les dix années passées avec Sabah Fakhri.

Ambitions et rêves :

J’ai vécu une carrière tellement riche… Je veux juste continuer à jouer ma musique.

Que faites-vous quand vous avez du temps ?

Je passe mon temps à écouter de la musique, ça m’enivre. Je peux en pleurer tellement la musique peut m’émouvoir.

Montréal pour vous :

J’adore mon pays, mais Montréal m’a donné quelque chose de merveilleux : la paix. Elle m’a protégé. C’est une ville de paix et de vie.

Un lieu préféré :

Quand il fait beau, j’aime me promener un peu partout et observer les gens.

La Syrie pour vous :

C’était la vie. Alep, c’était une ville qui ne dormait pas.

Votre plat préféré :

Je vais avoir besoin d’une page complète (rire) ! La gastronomie d’Alep c’est d’un niveau ! Non seulement notre cuisine est succulente, mais nos fruits et légumes ont le goût du soleil !