Cham Chahda

sculptrice

Pour Cham, l’art est une histoire de famille. Très tôt, elle explore la création et poursuit des études en céramique. Elle développe un intérêt pour la sculpture et pour la plastique humaine. À l’aide de céramique (principalement) et d’un mélange de matériaux, elle construit des figures humaines dont l’histoire passe à travers la posture, l’expression du visage et les objets qui composent l’œuvre. Sa plus récente série de sculptures est marquée par les événements en Syrie et évoque la torture, la famine, la mort et la migration.





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Votre parcours :

Tous les membres de ma famille sont des artistes : mes parents, mes oncles et mes tantes, mes
frères… Je suis tombée dedans, tout simplement. Jeune, j’ai suivi de front des études en musique et en beaux-arts. J’ai été à Bruxelles pour faire des études à l’Académie royale des beaux-arts en céramique et on peut dire que c’est la base de ma démarche. J’ai poursuivi à Concordia en art, où j’ai développé mes techniques de dessin et de peinture. Mais je fais principalement de la
sculpture. Pour ce faire, je mélange les matières.

Ce qui vous inspire :

En général, je me laisse guider par la matière, mais le corps humain a toujours été mon sujet de
prédilection. J’aime créer des personnages et insuffler à ceux-ci une
personnalité, une identité.

Au regard de la violence à laquelle notre peuple est soumis depuis six ans, je ne peux faire autrement qu’être influencée artistiquement par les images de corps qui souffrent. Les
sculptures que je fais actuellement sont marquées par ce phénomène.

Une réalisation qui se démarque pour vous ?

Je travaille par séries de sculpture et chaque série correspond à une phase de ma vie, alors c’est dur de choisir.

Dans mes dernières œuvres, je travaillais beaucoup en recyclant des objets ou des matériaux. Je récupère plein de choses et je les incorpore à ma sculpture.
Je trouve que ça rajoute une autre dimension. Le personnage que je crée devient un ensemble d’objets qui ont eu leur propre histoire. J’imagine que ces objets ont été laissés par des
gens qui ont été contraints de migrer…

Comment choisissez-vous ces objets ?

C’est souvent la matière, la texture ou la couleur de l’objet qui m’attire. Sinon, il faut que l’objet
m’inspire quelque chose. Je suis beaucoup dans le ressenti. Après, il y a un aspect pratique aussi. Comment cet objet va-t-il « tenir » dans la sculpture ?

Vos ambitions ? Vos rêves ?

Avoir un plus grand atelier. Le travail de la céramique, ça demande de l’espace.

Décrivez-vous en quelques mots.

J’aurais du mal à me décrire dans ma globalité. J’ai l’impression d’être constamment en train de
changer et d’évoluer. Je ne sais pas comment répondre à cette question.

Qu’aimez-vous faire en dehors de votre art ?

La musique. J’ai longtemps fait du piano et, bien que ce ne soit pas ma profession, c’est très présent dans ma vie.

Montréal pour vous :

Il y a des moments où j’aime beaucoup, d’autres où je trouve ça plus difficile. L’hiver, par exemple, est une saison que je vis difficilement. Mais quand je compare Montréal à l’Europe, je me sens à l’aise ici et bien entourée.

Un lieu préféré :

Le Vieux-Port pour son histoire, et le Plateau pour son ambiance.

Que voudriez-vous dire sur la Syrie ?

Que nous sommes un peuple cultivé et qu’il y a chez nous beaucoup de gens de talent. Je voudrais améliorer cette image qu’on peut avoir des Arabes et montrer qu’on a de grands
intellectuels, de grands musiciens et de grands artistes.

Un souvenir particulier ?

Plein de souvenirs… Une image qui me vient, c’est les vieilles maisons damascènes, avec ces cours intérieures où il y a toujours un arbre fruitier…

Votre plat préféré :

Le kebbeh.