Christiane Chami

Créatrice de dioramas

Christiane est une femme pleine d’énergie et de vitalité. Elle n’en est pas moins attentionnée, sensible et minutieuse. C’est sa passion pour les détails et les petits objets qui a tracé son chemin vers l’artisanat. Elle crée à l’aide de pâte polymère et de matières recyclées des moments de vie d’ici et d’ailleurs qui sont de véritables poèmes d’amour.





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Qu’est-ce qui vous a amenée au modelage de miniatures ?

Depuis toujours, j’adore tout ce qui est petit. Je prenais ce que je trouvais et je le transformais pour créer des mondes. Plus tard, je me suis mise à créer pour mes enfants. Autant que possible, j’aime faire tout moi-même, comme les décorations de Noël et les crèches.

Chaque année, pour Noël, on fabriquait les décorations et, en fin de compte, c’était une activité qui nous occupait toute l’année.

Les enfants devenus grands, une amie, qui est également artiste, m’a donné l’idée de vendre mes créations. Nous avons donc monté ensemble un projet de marché de Noël deux années consécutives. Ça a très bien marché, et nous avons même figuré sur la brochure de l’office du tourisme ! On avait notre atelier et une petite équipe pour nous aider.

Maintenant, à Montréal, je travaille seule et je vends dans les bazars et les salons.

Votre démarche :

Je garde tout. Ma maison est un vrai capharnaüm ! Chaque petite chose a le potentiel d’avoir une seconde vie, par exemple un tube de dentifrice, ou le couvercle métallique de la boîte de café.

Chacune de mes créations est unique. J’y mets beaucoup de temps et d’amour. Au sein de chacune d’entre elles, il y a une petite prière, un poème d’amour. Quand je les vends, je suis très émue.

Ce qui vous inspire :

La nature m’inspire. Je ramasse toujours plein de choses quand je me promène.

Une chose dont vous êtes fière :

Pas fière, mais heureuse… Organiser les marchés de Noël avec mon amie a été une grande aventure. On avait appelé ça « la Maison de Noël », il me semble. On avait rénové un cinéma qui avait été rasé par les flammes. On avait tout repeint, fait des travaux… Ça a été un travail de longue haleine, mais le résultat a été formidable.

Décrivez-vous en quelques mots :

Rebelle, farfelue et authentique. Ceux qui m’aiment m’aiment beaucoup. Ceux qui ne m’aiment pas me détestent.

Avez-vous des rêves ou des ambitions ?

Je n’aime pas penser trop avant. Je suis heureuse comme je suis et je me satisfais de ce que j’ai. En ce moment, ce qui est important pour moi, c’est de gagner ma vie. Mais j’ai de petits rêves réalisables au quotidien. Par exemple, quand je vais marcher dans la nature, je rêve de rencontrer un écureuil (rire) !

Que représente Montréal pour vous ?

Ah ! Je suis venue à l’âge de seize ans, lors des Jeux olympiques de 1976. Je suis tombée amoureuse de cette ville, et de tout le pays, d’ailleurs.

Avez-vous un lieu préféré ?

Plus jeune, j’aimais La Ronde (rire).

Je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais j’aime beaucoup le square Saint-Louis.

C’est grand, ici ! Même après toutes ces années, j’ai encore beaucoup à découvrir !

Que voudriez-vous que les gens connaissent de la Syrie ?

C’est un mélange de cultures. Le peuple syrien a un très bon fond, il est accueillant et il fait confiance. Si tu ne peux pas payer, on te répond : « C’est pas grave ! Reviens une autre fois ! » Et puis, on s’occupe très bien des étrangers. On veut qu’ils se sentent bien dans notre pays.

Un souvenir de la Syrie :

Toute la Syrie, bien sûr ! Mais j’affectionne particulièrement le souk d’Alep et la couleur de la pierre…

Votre plat syrien préféré ?

Juste un ? Je dirais les feuilles de vigne… mais aussi le « fatteh » [un mélange de yogourt méditerranéen, de pain pita frit, de pois chiches et de crème de sésame] et tout ce qui contient des pois chiches… Et les kebabs, aussi. Il y avait un restaurant de kebabs à Alep qu’on appelait Le kebab du souk. Délicieux ! Difficile de répondre à cette question (rire) !