Dima Karout

Artiste visuelle

Dima a commencé son parcours artistique à Damas. Par la suite, elle a voyagé tant pour le travail que pour poursuivre des études en art contemporain et écriture créative. Ce sont ces nombreux voyages et ces expériences variées qui nourrissent ses installations suspendues dans l’espaces, mélangeant mots et images. 





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Parlez-moi de votre parcours

Mon parcours a commencé à Damas. J’y ai étudié aux Beaux-Arts, avec une spécialisation en communication visuelle. Depuis 2005, je voyage. J’ai une maitrise en art contemporain de l’Université de Paris VIII et un certificat d’écriture créative de l’université Concordia à Montréal.
J’ai travaillé sur différents continents et j’ai rencontré des cultures riches et diversifiées. J’ai acquis de l’expérience professionnelle dans des domaines variés tels que le graphisme, la communication, la direction artistique et le commissariat d’expositions. L’enseignement et la conception de programmes de formation en art constituent aussi une partie importante de ma vie.
Aujourd’hui, je présente mes œuvres comme étant des installations suspendues dans l’espace et qui rassemblent des images et des mots.

Qu'est-ce qui vous inspire dans vos projets ?

Les êtres humains sont ma plus grande source d’inspiration. Je suis toujours fascinée par la métaphore de l’âme. Par la façon dont les différentes personnes existent, réfléchissent et leurs interactions avec notre monde.

Un projet dont vous êtes fière ?

Depuis 2011, je travaille sur les métaphores des murs. Chaque année sur une thématique différente. Je pense The Walls Project est une importante étape dans ma carrière artistique et qui continue encore.

Parlez-moi plus de "wallsproject", d'où est venu ce projet et qu'en est-il maintenant ?

Murs de Damas
Fragments d’un pays perdu

Murs de Damas est une expression artistique née sous la guerre. Elle est dédiée à la Syrie, le pays qui a marqué mes souvenirs d’enfance. L’idée m’est venue alors que j’étais dans un avion au-dessus de l’océan, prise entre deux continents. J’ai écrit cette phrase :
« Votre gilet de sauvetage est sous votre siège et la mort vous entoure. Est-ce que vous vous noyez ? »
J’ai décidé de créer « Murs de Damas » dans un essai d’atteindre un bord.

Murs de Damas réunit des moments de vie de deux personnages syriens, une femme, voyageuse et un homme, réfugié.
Ils cherchent des réponses et luttent contre les murs de leur vie. Ils habitent dans un pays étranger. Cette exposition est un voyage dans leurs souvenirs et aussi un regard sur leur ville, Damas.
Ce projet présente aussi une installation d’histoires réelles et d’images qui viennent de Syriens dispersés dans le monde et qui, depuis 2011, affrontent la guerre tout en essayant de surmonter des murs immenses.

À travers ce travail, je cherche à exprimer le côté humain du conflit syrien en donnant la parole à ceux qui ont souffert et qui souffrent encore, et en exprimant aussi ma propre vision du déplacement.

Vos ambitions ?

Je travaille pour que l’art ait une place dans nos sociétés. Et à travers mes œuvres, je souhaite créer des lieux de rencontres, d’échange et de réflexions pour mieux comprendre le monde et mieux vivre ensemble, peu importe le pays où j’habite. Mon rêve est de pouvoir mener une vie qui se concentre autour des moments magiques de création.

Décrivez-vous en quelques mots :

Je suis un être humain qui crée pour transformer en beauté le chaos qui l’entoure, "dans l’espoir d’un bagage plus léger".

Qu'aimez-vous faire comme passe-temps ?

J’aime passer le temps à absorber et comprendre le monde autour de moi. Je me connecte avec des amis dans plusieurs pays, je visite des expositions d’art. Et j’adore lire et écrire.

Montréal pour vous

Une étape dans ma vie. J’ai voyagé beaucoup jusqu’au moment où je ne sais plus si j’appartiens à un lieu. Montréal était un défi si dur et si formidable ! Un lieu de rencontre qui m’a permis de découvrir des êtres humains, des artistes, des écrivains extraordinaires et de partager mon quotidien avec des amis de toutes nationalités.

Un lieu préféré à Montréal ?

Le Mont-Royal, si vaste, me fascine. Je le vois comme un lieu démocratique qui a la capacité de tous nous accueillir !

Qu'aimeriez-vous dire sur la Syrie ?

La Syrie est une blessure que chaque Syrien porte et va porter pour toujours. Il n’y a pas moyen de défaire ces longues dernières années. Quand je pense à la Syrie, un mixe de sentiments se heurtent au fond de moi. Beauté, chaleur, enfance, les textures des murs de l’Ancien Damas qui essaient tous de combattre le sang rouge.

Avez-vous un souvenir que vous souhaitez partager de la Syrie ?

Les moments quand je montais la montagne Qassioun à Damas avec des amis, et nous avons regardé Damas d’en haut. Notre ville et ses routes s’expliquaient en lumière. On respirait ces moments magiques. Des moments de paix. Difficile à expliquer en mots.