Elza Mardiriossan

Elza a toujours été entourée d’artisans du verre. Elle a donc toujours aimé enjoliver le verre de dessins peints et d’applications d’étain. Elle a su faire profiter son entourage de ce talent, mais c’est seulement à Montréal que cette activité est devenue son vrai métier, lorsqu’elle a ouvert avec sa fille la boutique Vertigo. L’entreprise a pris de l’ampleur et s’est spécialisée dans le commerce en gros, mais Elza et sa fille ont toujours commandé leur verre à des artisans syriens. Aujourd’hui, Elza est retournée à une pratique à taille humaine et vend ses œuvres dans des salons et des bazars, ainsi que sur commande.





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Votre parcours :

Ma mère était peintre, et je l’accompagnais lorsqu’elle rencontrait les souffleurs de verre avec qui elle travaillait. J’ai appris avec elle et j’ai gardé ce savoir-faire sans vraiment vouloir en faire un métier. J’étais professeur de musique, mais lorsqu’il y avait des kiosques et des ventes organisés par l’école, je contribuais en faisant des boules de Noël et de petites créations en verre. Ça marchait bien et, grâce à ça, on me passait des commandes privées.

Puis nous sommes venues nous installer à Montréal. Ma fille a eu envie d’ouvrir un magasin. Finalement, nous avons bâti une véritable entreprise ! On vendait en gros. J’ai repris l’affaire, mais par la suite, nous avons vendu le magasin. J’ai continué à en faire mon travail, mais à plus petite échelle.

Votre processus de création :

Je travaille avec des souffleurs de verre. Je décide de la forme, de la couleur et du nombre. Une fois que j’ai reçu mes pièces, je les peins ou je fais de l’application d’étain. Je conçois aussi des billes de verre pour la coutellerie.

Je travaillais avec des souffleurs de verre d’Armanez. Ils sont réputés pour la fabrication de verre. Je leur ai, par exemple, acheté des assiettes de 50 centimètres ! J’ai encore plein de stock de l’époque où on avait notre boutique. Je travaille avec ces réserves maintenant. Ça me suffit amplement !

Ce qui vous inspire :

Je prends l’inspiration du moment. Je m’inspire de ce que je peux trouver un peu partout. Je récupère ce que je trouve chez moi. Par exemple, ma tante m’avait offert des boîtes et des boîtes de dentelles ! Je me suis amusée à en appliquer sur des boules de Noël, et ça a donné un très beau résultat. Il faut expérimenter !

Comment vous décririez-vous ?

Mon mari dirait que je suis folle (rire) ! Je dirais que je suis pleine d’énergie, et que je ne sais pas m’arrêter. J’adore ce que je fais et je compte continuer longtemps !

Un accomplissement dont vous êtes fière ?

J’aime tout ce que je fais, mais en tant que prof de musique, j’ai organisé pour mon départ un opéra, Carmen, en playback avec les élèves. Bien sûr, ils n’avaient pas à chanter, mais je leur ai fait apprendre par cœur la musique ! Et on a tout monté : les costumes, les décors… On avait fait des panneaux sur des roues. C’était merveilleux ! La petite qui faisait Carmen, du haut de ses 16 ans, a tellement bien joué son rôle que les gens ont cru que c’était vraiment elle qui chantait (rire) !

Qu’aimez-vous faire en dehors de vos créations ?

Écouter de la musique. Je ne travaille jamais sans musique. J’adore la musique classique. J’aime aussi le jazz, mais le vrai.

Montréal pour vous ?

J’adore ! Il y a tellement d’art, de musique… Ça satisfait parfaitement mon hyperactivité. !

Lieu préféré :

L’opéra, bien sûr, et toutes les salles de concert. J’ai eu l’occasion d’aller voir Andras Schiff et, après le concert, je suis allée en coulisse et j’ai demandé si je pouvais le rencontrer en montrant une photo que j’avais prise avec lui lorsque ma fille avait suivi une de ses classes de maître à Vienne. Ça a marché ! J’ai pu le voir. Ça a été un moment magique !

La Syrie pour vous ?

C’est mon grand amour ! C’est mes souvenirs. C’est les souffleurs de verre, les souks, le savon d’Alep… J’aime particulièrement les sites archéologiques. Chaque fois que des amis venaient nous visiter, nous les conduisions à Palmyre.

Un souvenir qui vous est cher ?

Il y en a beaucoup, mais voir ma fille jouer du piano au temple de Bêl, à Palmyre, est un souvenir inoubliable ! Aujourd’hui, ce temple est détruit…

Un plat préféré ?

Ceux que je cuisine moi-même (rire) !