Khadija Baker

Artiste interdisciplinaire

Khadija est une artiste interdisciplinaire qui crée des installations mélangeant la vidéo, les arts numériques et la matière. Elle tente de créer une expérience immersive pour son public.

Elle traite de sujets politiques et sociaux tels que la persécution, l’immigration et la mémoire. Ses œuvres ont voyagé à travers le monde et ont
reçu plusieurs prix et reconnaissances.

chanteznosreves.com

lafabriqueculturelle.tv/capsules/2769/calq-chante-ta-chanson-mappe-nos-reves

 

Votre parcours :

C’était presque inévitable pour moi de faire de l’art puisque je ne faisais que ça quand j’étais petite. Mes parents voulaient que je fasse ingénieure, alors j’ai fait un petit
compromis en faisant du design d’intérieur. Je suis venue par la suite à
Montréal et j’ai élevé ma passion à un autre niveau. J’ai étudié la peinture et
le dessin et, par la suite, j’ai fait une maîtrise en arts médiatiques.

youtube.com/watch?v=aQ8Vu32ccwY

Ce qui vous inspire :

L’expérience personnelle.
Ce qui se passe autour de moi. Mon propre vécu. Mes œuvres ne sont pas faites
pour être décrites, mais vécues. Je crée des expériences. J’essaie de
provoquer quelque chose par l’expérience, en marquant les mémoires.

Vos thèmes :

Je parle beaucoup de la notion d’identité, de la mémoire, de la diversité.

vimeo.com/107712281

Vos outils :

En design intérieur, j’ai appris à utiliser l’espace et j’incorpore ça dans mes créations.
J’utilise beaucoup les arts numériques et j’aime beaucoup travailler les textiles.

Un projet qui se démarque :

Tous mes projets viennent d’une nécessité d’exprimer quelque chose. Donc, mes œuvres sont toujours la chose la plus importante au moment où je les crée.

Ambitions et rêves :

Poursuivre dans ce que je fais, mais arriver à faire des installations encore plus grandes et plus
imposantes. Et puis, maintenant que j’ai une famille, arriver à trouver un équilibre entre ma vie de mère et ma vie d’artiste.

Ce que vous faites pour vous changer les idées :

Je passe beaucoup de temps avec mes proches, autour d’une tasse de café.
J’écoute aussi de la musique. J’aime écouter de la musique kurde ou orientale.

Montréal pour vous :

C’est d’abord la sécurité. J’ai beaucoup changé ma vision des choses en venant ici, et depuis que j’ai eu mes enfants. Je découvre plus intimement la vie à Montréal, je suis plus impliquée.

Mon sujet de prédilection, c’est l’identité. Comment on accepte l’autre... Je trouve que Montréal est très multiculturelle, mais pas sur tout. On accepte facilement des choses comme la
bouffe, mais on est parfois gêné par d’autres choses. Moi, j’ai un accent, et il m’est cher parce qu’il dit qui je suis. Je crois que Montréal vit un conflit existentiel, aussi. Ce n’est pas évident d’assumer toute cette diversité. Comment elle s’entrelace… Ça bouge beaucoup !

Lieu préféré :

J’aime beaucoup les cafés ! Et les lieux publics en général.

La Syrie :

C’est un carrefour de cultures, d’ethnies et de religions. C’est plein de couleurs.
En Syrie, les habitudes quotidiennes sont communes, mais quand on y regarde de plus près, il y a plein de langues, de religions et de cultures différentes. C’est un pays complexe aussi, mais les gens aiment profiter de la vie.

Un souvenir :

Je viens d’une petite ville de 50 000 habitants, et j’en garde une image de simplicité, mais aussi de richesse intellectuelle. C’est sain de ne pas se sentir obligée de faire plein de trucs et de consommer plein de choses, de juste profiter.

Plat préféré :

Le taboulé.

Entretien réalisé par Maya Sakkal à l'automne 2016.