Marie Syrine Daigneault

Artiste peintre

Mary Syrine a développé dès l’enfance son amour pour le dessin. Elle a fait des études en arts
plastiques, puis orienté sa carrière dans l’enseignement au primaire. Elle a participé à plusieurs expositions collectives. Dans ses œuvres, Mary Syrine s’intéresse à la figure et au concept de l’existence. Dans sa série Hilale, elle expose sa grand-mère syrienne comme figure de femme libre et explore sa vie. Elle entreprend une démarche presque anthropologique et s’inspire de tout ce qu’elle a pu trouver chez sa grand-mère comme objets ou photos.





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Votre parcours :

J’ai toujours dessiné. Je participais à des concours de dessin et j’étais attiré par tout ce qui était
graphique. Mais je n’ai pas osé poursuivre professionnellement là-dedans et j’ai fait un DEC en science. À la suite d’un voyage sur les chemins de Compostelle, j’ai eu la possibilité de me questionner sur moi-même et mes aspirations, et j’ai vraiment compris qu’il fallait que je crée. Au cours de toute ma vie, l’art a toujours été salvateur. Je trouve qu’exprimer des idées par l’art est
une des plus belles façons de transmettre. De retour à Montréal, j’ai fait des études en arts plastiques et j’ai eu envie de transmettre cette passion aux jeunes, alors j’ai choisi l’enseignement au primaire. Je ne connaissais pas trop les enfants à vrai dire, mais ces petites boules pleines d’idées et d’énergie m’ont séduite, et j’aime beaucoup ce que je fais. Aujourd’hui, je revis un peu
cette remise au point de mes aspirations, et peindre plus régulièrement me manque terriblement. Je suis en train de m’y remettre activement.

Comment en êtes-vous venue à utiliser votre grand-mère comme sujet ?

J’ai toujours été fascinée par elle et son univers. C’est encore ce voyage à Compostelle qui a déterminé cette fascination pour elle. Au retour de mon voyage, je suis allée visiter ma grand-mère, qui vit désormais au Maroc. J’étais hypnotisée par tous les objets qu’elle possédait. Les photos de sa jeunesse en Syrie… Ma grand-mère a une présence et des valeurs que j’admire. Elle a par exemple sur un mur toutes les photos des femmes de sa famille qui ont leur diplôme. En fait, elle est féministe sans en être consciente, sans se définir comme telle. C’est une femme qui a fait des études en droit et en art. Elle est forte et coquette, et puis elle
sent bon !

Votre démarche :

On m’a donné le conseil de simplement ouvrir mon regard sur ce qui m’attire. Je me rends compte que le concept des origines et de l’existence, ça a toujours été très présent pour moi. J’ai été chez ma grand-mère et j’ai laissé mon regard me guider sur tous les objets qu’elle possède qui m’interpellait.

Un moment fort :

Il est à venir ! Mais on va dire que réaliser à quel point la peinture me manquait, ça a été une
révélation importante.

Une ambition ? Un rêve ?

Hmm… Je suis en train d’essayer de rassembler tous mes intérêts – la philosophie, l’histoire, l’art – et j’essaie de les relier dans ce que je vais construire à l’avenir. J’ai plein d’envies, comme écrire des contes philosophiques pour enfants…

Décrivez-vous en quelques mots :

Je crois que je suis assez vive. Et je suis très curieuse intellectuellement. Je suis curieuse du monde.

Qu’est-ce que vous faites pour vous changer les idées ?

De la course à pied. Courir, ça m’aide à réfléchir. Ce côté répétitif, ça me fait comme entrer en transe. Sinon, je lis beaucoup !

Montréal pour vous :

Moi, je suis née à Québec, et en arrivant à Montréal, j’ai eu un sentiment de libération ! J’ai senti
que je pouvais devenir celle que je devais être. Ici, être différent, c’est comme normal.

Lieu préféré :

Mes débuts à Montréal ont été sur le Plateau, alors j’aime beaucoup ce quartier. Et j’aime beaucoup courir sur le mont Royal.

La Syrie pour vous :

Je connais la Syrie à travers les souvenirs de ma mère. Moi, j’ai tendance à voir la Mésopotamie,
l’origine du monde et mes origines personnelles. Quand je dis que j’ai des origines syriennes, j’ai plein de réactions positives de gens qui y sont allés.

Qu’est-ce que vous aimeriez qu’on sache sur la Syrie ?

Les Syriens sont drôles ! Ma famille syrienne me fait tellement rire ! On passe des moments merveilleux !

Un plat préféré :

Les feuilles de vigne ! Moi, je ne cuisine pas du tout, sauf pour les feuilles de vigne. C’est comme mon plat de fête. J’aime inviter mes amis pour manger ce plat.