Minerva Nassaneh

Peintre et designer d’intérieur

Pour Minerva Nassaneh, faire de l’art était inévitable. Elle a pu profiter de l’ouverture de la première école d’art à Alep, où elle s’est orientée vers le design d’intérieur. Déterminée, elle a fini première de sa promotion et a poursuivi pendant plusieurs années en tant qu’enseignante. Depuis peu, elle découvre l’art du portrait et en fait sa nouvelle spécialité…





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Votre parcours :

Ma mère dessinait beaucoup, elle m’a appris à tenir le crayon et à dessiner. Aujourd’hui, c’est moi qui lui apprends la peinture.

Quand l’école des beaux-arts a ouvert à Alep, toutes mes amies m’ont encouragée à m’y inscrire. C’était vraiment là où je devais être : j’ai fini première de ma promotion. J’ai enseigné les arts dans cette même école plus tard tout en continuant à dessiner.

Ce qui vous inspire :

Ce que j’aime le plus faire aujourd’hui, c’est les portraits. Mais c’est arrivé un peu par hasard. Après la mort de mon oncle, je suis tombée sur une photo de lui et j’ai eu envie de le dessiner. Je me suis surprise moi-même. J’ai réalisé qu’il y avait une part très émotionnelle dans ma démarche et c’est ce que j’aime du portrait : dessiner l’expression de la personne.

Une réussite dont vous êtes fière :

J’ai adoré enseigner les arts. Je reçois encore des emails d’anciens élèves qui me racontent ce que je leur ai apporté.

Une ambition, un rêve :

J’aurais aimé poursuivre des études plus poussées en art. Il n’y avait pas beaucoup d’opportunités à ce moment en Syrie. Et puis j’ai eu une famille, et je me suis occupée d’elle.
Maintenant, j’aimerais surtout pouvoir produire plus, et, bien sûr, me faire connaître. Je tiens à m’exprimer en tant que Syrienne et j’aimerais changer le regard que certains peuvent avoir sur nous.

Vous en quelques mots :

Ambitieuse, bosseuse, déterminée.

Vos passe-temps :

J’ai besoin de couleurs, d’huile, de texture… Les arts, c’est vraiment tout ce que j’aime faire. Mais pour me changer les idées, je pratique beaucoup de sports.

Montréal pour vous :

Un vrai défi ! Ce n’était pas évident au début. Quand je suis arrivée, je ne connaissais pas la langue et mon mari a dû retourner en Syrie quelque temps après notre arrivée. Alors, je me suis retrouvée toute seule. J’ai tenté ma chance : j’ai demandé à travailler dans une boutique près de chez moi. Je parlais très peu le français, je ne connaissais pas le pays, mais ils m’ont donné ma chance. Ça a été une super opportunité ! Quand mon mari est revenu, je parlais français et je connaissais mieux la ville. Ici à Montréal, on te donne ta chance. C’est ce que j’ai senti.

Un lieu préféré à Montréal :

Le Vieux-Port ! On y sent l’histoire et c’est ce qui me rappelle le plus mon pays.

La Syrie pour vous :

Je crois qu’on a une image un peu folklorique de la Syrie d’avant la guerre. On me demande souvent « tu pouvais conduire ? », ou « il y a beaucoup de chameaux ? » (rire). Et puis, bien sûr, maintenant, on ne parle que de la guerre. Mais j’aimerais que les gens sachent qu’on vivait bien en Syrie. Les Syriens aiment la vie et aiment la partager.

Un souvenir qui vous est cher :

Une mention spéciale pour mon école d’art dans le quartier de Jdeidé, à Alep. C’était une maison de plus de 150 ans, et elle a été détruite dans les bombardements. Les vieux quartiers : c’est là que j’aimais le plus aller à Alep, surtout à cause de mon parcours en art.

Votre plat préféré :

Kebbé Labaniyé