Nazih Borish

Musicien (oud) et compositeur

Nazih Borish est un musicien autodidacte. À l’âge de cinq ans, il commence l’apprentissage de l’oud avec son père et donne ses premiers concerts dès l’âge de treize ans dans sa ville natale. Il fonde une école d’enseignement de l’oud à Lattaquié, en Syrie. De 2005 à 2015, il forme plus de 100 étudiants à la pratique de l’instrument et à l’improvisation basée sur l’émotion ressentie et transmise, dans des styles aussi variés que les musiques traditionnelles orientales, le jazz et le flamenco.

Depuis, il s’est installé à Montréal, où il a déjà joué au Festival du monde arabe, au Festival des cultures syriennes de Montréal et à la 6e édition de la Vitrine des musiques locales métissées.





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Votre parcours :

C’est mon père qui m’a appris à jouer de l’oud. Par la suite, j’ai poursuivi mon apprentissage en autodidacte. Je n’ai pas fait de grande école. Pour moi, la musique passe par l’émotion, par l’écoute. Il faut écouter beaucoup de musique, surtout, et travailler son oreille. C’est ce que j’ai voulu transmettre dans mon école, à Lattaquié.

Votre style :

La musique syrienne, bien sûr, est la base de ma musique. Mais j’aime la fusionner avec de la musique du monde, comme du flamenco, du jazz, du blues et du rock.

Ce qui vous inspire :

Je tire mon inspiration de tout. C’est difficile de l’expliquer avec des mots puisque pour moi, il s’agit surtout d’émotions et de ressentis. La musique, c’est mon langage, et je m’exprime avec elle. C’est une démarche très intuitive. Mais je peux dire que la beauté de la nature m’inspire.

Que représente la musique pour vous ?

La musique, c’est ma vie. La musique, c’est un pont entre les cultures. Introduire de la musique du monde dans la musique arabe, c’est une façon de comprendre l’autre et de faire connaître la culture syrienne.

Qu’écoutez-vous comme musique ?

De tout ! Vraiment ! Chaque chanson, chaque musique a son moment. Il y a de la musique pour toutes les occasions.

Décrivez-vous en quelques mots ?

Ça me gêne. C’est dur pour moi. Je peux parler de ma musique, mais parler de moi, c’est plus difficile.

Avez-vous vécu un événement qui a marqué votre carrière ?

Je crois sincèrement que toutes les expériences sont importantes et marquantes. Mais le changement le plus récent est mon arrivée à Montréal. Je peux à nouveau vivre pleinement mon art depuis que je suis ici.

Vos ambitions, vos rêves ?

Je veux faire connaître la musique syrienne. Il y a tellement de talents chez nous ! Mais ils ne sont pas assez connus. Avec ma musique, j’aimerais créer des ponts entre les cultures. Faire de la musique fusion, c’est rassembler les différents peuples.

Qu’aimez-vous faire quand vous ne jouez pas ?

À part la musique ? J’aime bien construire des instruments. Je construis des ouds, mais pour mon plaisir personnel. Je ne les vends pas. Mais peut-être qu’un jour, je le ferai. Sinon, je dors, aussi (rire) !

Montréal pour vous ?

C’est le monde entier à petite échelle. On y voyage tous les jours.

Un lieu préféré ?

Non. J’aime tout à Montréal. Toute la ville est belle.

Que voudriez-vous que les gens connaissent de la Syrie ?

Son nom, déjà ! La mer y est magnifique. Je voudrais que les gens découvrent les talents de chez nous, qu’on puisse les mettre en valeur.

Je m’exprime mieux avec mon oud !