Nour Sayem

© (Photo TC Media – Jean-Manuel Téotonio)

Nour a quitté la Syrie avec sa famille à la suite d’un coup d’État. Elle avait 15 ans lorsqu’ils sont arrivés à Montréal, en 1967. C’était l’année de l’Expo et il y avait dans l’air un sentiment de totale liberté. Nour raconte dans son livre son histoire en Syrie et sa découverte de Montréal. En mélangeant humour, histoire et éléments biographiques, elle nous raconte ses moments difficiles, ses moments de joie et sa définition de l’identité. Son livre, qui aborde les sujets de l’immigration et de l’intégration, l’a menée à donner des conférences sur ce sujet. Aujourd’hui, elle se sent comme un pont entre deux cultures.





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Votre parcours :

Je n’avais pas du tout prévu d’écrire un livre. En fait, j’ai fait carrière dans les affaires. Mais j’ai eu envie de raconter mon histoire à mes enfants, et l’écriture d’une biographie me semblait appropriée. L’encadrante qui m’a aidée sur ce projet m’a encouragée et m’a dit qu’il y avait du potentiel. J’ai publié mon livre et, effectivement, il s’est très bien vendu ! Aujourd’hui, on me demande d’intervenir comme conférencière pour raconter mon histoire.

Vous dites que vous vous sentez comme un pont culturel…

Oui. J’ai connu la fuite d’un pays instable. J’ai connu l’immigration, et mon récit raconte cette aventure avec le recul des années. Je crois qu’avec ce qui se passe en Syrie, mon livre prend un nouveau sens. Il permet à la fois aux Québécois de comprendre l’épreuve de l’immigration et aux nouveaux arrivants de voir la culture québécoise sous un jour nouveau. Aujourd’hui, je me sens Syrienne et Québécoise.

Des moments marquants depuis la publication de votre livre ?

Je reçois chaque jour au moins une lettre d’un Québécois qui me dit « On ne savait pas ! » Et chaque jour, j’éprouve une petite fierté d’avoir su expliquer les défis des nouveaux arrivants.

Avez-vous un rêve ? Une ambition ?

Aider à intégrer les immigrants dans le milieu du travail. Actuellement, le taux de chômage chez les nouveaux arrivants est de 9 %. J’aimerais le voir baisser au moins à 5 %. Et puis, je suis en train de travailler sur un autre projet de livre, un ouvrage qui s’intitule Femmes d’ici et d’ailleurs. On est plusieurs écrivaines à coécrire cette œuvre. Nathalie Petrowski, notamment, fait partie des auteures.

Décrivez-vous en quelques mots :

Je suis un pont entre les cultures et les religions.

Qu’aimez-vous faire quand vous avez du temps ?

J’aime lire, j’aime écrire, j’aime faire du sport.
Je donne des cours de cuisine à la maison. Ça m’amuse !

Montréal pour vous :

À l’époque, c’était l’opposé total de ma culture. Maintenant, c’est le lieu de mes amours, de mes études et de mes amis.

Un lieu préféré :

J’aime les quartiers très multiethniques.

La Syrie en quelques mots :

Alep avec ses odeurs de jasmin… La Méditerranée, l’architecture… C’est une ville qui ne dormait pas.

Un souvenir :

Il n’est pas très joyeux, mais quatre coups d’État en six mois, ça marque.

Votre plat préféré :

Le kebbeh, un classique.