Riham Fahed

Riham aime se définir comme un artiste conceptuel de la communication visuelle, puisqu’il prend chacun de ses projets de design comme un ensemble. C’est un passionné des arts et de la culture de l’image. Après avoir étudié aux beaux-arts, il est allé travailler plus de 10 ans au Qatar comme designer graphique et d’identité visuelle. Depuis peu à Montréal, il travaille comme pigiste et participe à des projets pour des organismes à but non lucratif.

 





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Votre parcours :

Déjà petit, je gribouillais. Je prenais mon nom et je le travaillais esthétiquement. Je ne savais pas ce que je faisais, mais je pouvais passer des heures à le faire. Un jour, j’ai demandé à ma mère quel genre de métier me permettrait de faire ça, et elle m’a répondu « ingénieur » (rire) ! Elle a dit ça parce que toutes les mères veulent que leur fils devienne ingénieur, mais aussi parce que le design n’existait pas chez nous. Et puis un jour, j’ai entendu dire que la fille d’une amie de ma mère allait à l’école des beaux-arts, et ça a éveillé ma curiosité. Malheureusement, ce n’est pas une orientation qu’on encourage pour les garçons chez nous. Mais j’y suis allé, et ça a été le coup de foudre. J’ai compris que c’était ça qu’il me fallait.

Par la suite, j’ai travaillé au Qatar en design pendant dix ans. C’était super, mais comme il est difficile pour un non-Qatari d’avoir une carrière stable là-bas, j’ai voulu revenir en Syrie. Malheureusement, la situation étant ce qu’elle est, je n’ai pas pu m’y installer et me voici maintenant à Montréal.

Votre processus créatif :

Je prends beaucoup de temps pour comprendre mon client, ses besoins, ses valeurs… Je fais beaucoup de recherche sur ce nouveau client. Je ne me perçois pas seulement comme un designer qui fait de jolies choses : je m’investis complètement dans mes projets, je deviens un véritable consultant pour mes clients. Et puis, bien comprendre son client facilite beaucoup le travail créatif derrière.

Décrivez-vous en quelques mots :

Je suis une personne qui utilise le design et mes compétences pour répondre aux besoins des gens.

Une ambition ou un rêve :

Bien sûr, j’ai toujours voulu faire rayonner le design syrien. C’est un rêve que j’ai depuis longtemps, que j’avais avant même que les incidents ne surviennent en Syrie. C’est une discipline encore nouvelle chez nous, et je souhaite vraiment qu’elle se développe et qu’elle voyage. Il y a des artistes et des gens de talent en Syrie qui, aujourd’hui, vivent un peu partout dans le monde. Je souhaite contribuer à cette image plus positive de notre pays.

Ce que vous faites lorsque vous avez du temps :

Bien sûr, du design. C’est ma profession, mais dans mes temps libres, je mène aussi des projets pour mon plaisir personnel, ou pour des organismes à but non lucratif qui défendent des causes qui me parlent. Sinon, j’aime bien les sports extrêmes, comme le saut à l’élastique. Et puis, j’aime beaucoup cuisiner ! Et j’essaie de visiter un musée par semaine.

Montréal pour vous :

Je trouve la ville charmante ! Je m’y sens à l’aise. Les gens sont accueillants.

Lieu préféré :

J’adore le Plateau, à cause de l’architecture et des graffitis. En général, j’aime la verdure qu’il y a partout ici. Ça change du désert du Qatar !

Qu’aimeriez-vous dire sur la Syrie ?

Que c’est un pays avec beaucoup de potentiel, une culture riche et une histoire qu’on retrouve dans chacun de ses recoins. Un jour, tous ces jeunes pleins de talent éparpillés dans le monde vont y retourner et reconstruire le pays pour en faire un lieu magnifique.

Un plat préféré :

Le « ma’loubeh » (littéralement « à l’envers »).
J’adore notre cuisine et j’adore la faire connaître. J’invite souvent mes amis québécois à la maison pour leur faire découvrir notre gastronomie.